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Le ballet « La Linguère » en ferment de la diversité ethnique
Source : (lesoleil.sn) - Publié le : 24/02/2014 - 09h 43   
 

La compagnie du Théâtre national Daniel Sorano a présenté, samedi, son spectacle dénommé « Ce qui nous lie », extrait du nouveau répertoire du Ballet national « La Linguère ». Un moment intense de communion avec le public où la diversité ethnique du Sénégal a été célébrée.

« Ce qui nous lie est au-delà de l’histoire -il est enraciné dans la préhistoire-. Il tient à la géographie, à l’ethnie et, partant, à la culture. Il est antérieur au Christianisme, il est antérieur à l’Islam, il est antérieur à toute forme de colonisation ».  Ce propos du président-poète Léopold Senghor a inspiré le nouveau répertoire du ballet national « La Linguère » qui l’a traduit sous la forme de six tableaux. Une représentation a été donnée samedi au Théâtre national Daniel Sorano.  Au début de ce spectacle, dans la pénombre qui enveloppe la scène de Sorano, la voix de Yandé Codou Sène brise la quiétude de la salle et sublime Senghor. La performance célèbre  la diversité, le brassage, en somme ce qui fait l’essence de la Nation sénégalaise.

Dans la torpeur du matin, un cheval hennit, une vache beugle et le muezzin lance l’appel à la prière. Le village baille encore. Le jour naissant est salué par la symphonie produite par la flûte peule. Le ton est ainsi donné pour une balade dans le Sénégal des profondeurs. Le public a d’abord goûté à la frénésie des pêcheurs lébous, avec toute sa splendeur. La vigueur des pagailleurs, la dextérité du conducteur de pirogue, sans oublier la célèbre danse du « Ndawrabine », tout renvoie à ses « Peuples de l’eau ». Après ceux-là, un focus est mis sur toute la symbolique du Baye Fall, ces disciples de Mame Cheick Ibra Fall, compagnon de Cheikh Ahmadou Bamba fondateur du Mouridisme.

La mise est belle et symétrique, les pas cadencés et les chants de cette bonne dame, à la voix pure, emplissent les recoins de Sorano. La virée continue avec une halte dans la région de Casamance où, on a pu voir les Manjacks aux envolées qui allient le doux et le moins doux. Plus tard, le Sine-Saloum a tendu les bras au public, avec tout le symbole que revêtent les travaux champêtres pour le Sérère. Faucilles à la main, ils attaquent les épis de mil et remercient au passage « Rog Sen » (Dieu en sérère) pour la bonne pluviométrie.  Chez les Soninkés, le mariage dans leur univers est proposé. Tandis que pour un retour, la Casamance montre son savoir-faire à travers les Diolas aux rythmes du « bougareubou » et la danse du « Koumpo » (personnage recouvert de feuilles de ronier doté d’esprit surnaturel).

Les planches de Sorano ont résonné sous les coups de boutoirs de ces danseurs de talent, à la chorégraphie bien maîtrisée et aux costumes si évocateurs de la diversité culturelle du Sénégal. Après plus de 2 heures de voyage, le sourire du Dr Massamba Guèye, directeur du Théâtre national Daniel Sorano, ainsi que la fierté de Mme Ndèye Bana Mbaye, responsable du Ballet la Linguère, en dit long sur cette soirée bien réussie.

ABDOU AZIZ MBAYE, MINISTRE DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE: « CES SPECTACLES NOUS PERMETTENT DE NOUS ENRACINER »



Venu présider cette soirée, le ministre de la Culture et du Patrimoine, Abdoul Aziz Mbaye, en a profité pour se féliciter du fait que Sorano travaille à revenir au devant de la scène. Pour le ministre, il y a beaucoup de disciplines qui n’ont pas été développées, à l’image du ballet national, de l’Ensemble Lyrique ou encore la troupe de théâtre.  Mais, poursuit-il, « nous avons rêvé d’un Sorano différent qui est en train de prendre forme avec ses responsables ».

L’art est, de son point de vue, un bon fondement qui peut permettre de donner un avenir et une identité à nos enfants. C’est ainsi qu’il faut reprendre nos ballets, nos théâtres et ce genre de spectacle qui permettent de nous enraciner ».

A l’endroit de la présentation du ballet, le ministre a soutenu que si chacun prend un bout de ce spectacle comme bréviaire, nous saurons que finalement quelque chose nous lie.

 
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